L’exploitation pétrolière dans la province du Logone Oriental à Doba, au sud du Tchad, constitue un levier important du développement économique national. Toutefois, l’occupation du sol sur les sites par les populations riveraines et divers acteurs informels soulève de nombreuses préoccupations environnementales, sociales et institutionnelles. Cet article analyse les dynamiques d’occupation du sol liées à l’exploitation pétrolière à Doba, en mettant en évidence les défis et les enjeux de gouvernance qui en découlent. L’étude s’appuie sur une approche méthodologique mixte combinant revue documentaire, observation de terrain, entretien semi-directifs et enquêtes auprès des acteurs locaux. Les résultats montrent que l’occupation du sol sur les sites pétroliers est principalement liée à la pression foncière, à la pauvreté, au manque d’opportunités économiques et l’insuffisance des mécanismes de contrôle et de concertation. Cette situation engendre des impacts négatifs sur l’environnement, accroit les risques sécuritaires et favorise l’émergence de conflits sociaux, compromettant ainsi la durabilité de l’exploitation pétrolière et le développement local. La discussion des résultats, mobilisant les cadres théoriques de la gouvernance des ressources naturelles et des conflits d’usage de l’espace, souligne la nécessité d’un renforcement de la gouvernance foncière, d’une meilleure implication des communautés locales et de la mise en œuvre de stratégies de gestion durable du territoire. Ces actions paraissent essentielles pour concilier exploitation pétrolière, protection de l’environnement et bien-être socio-économique des populations locales.



